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BepiColombo survole Mercure pour la première fois

La mission conjointe de l’Agence Spatiale Européenne et du Japon à destination de Mercure s’est approchée de la planète la plus proche du soleil le week-end dernier.

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Mercure (annotée) vue par BepiColombo vendredi dernier. Credit: ESA

Bienvenue sur Mercure. Une mission ambitieuse a survolé pour la première fois sa destination finale vendredi dernier, lorsque BepiColombo, la sonde conjointe des agences JAXA/ESA, s’est approchée de la planète la plus proche du soleil.

Le survol a eu lieu le vendredi 1er octobre à 23h34 UT (1h34 le 2 octobre, heure de Paris), date à laquelle l’engin spatial a frôlé la surface de Mercure à une distance de seulement 199 kilomètres. Les images retransmises ont montré une surface ponctuée de cratères, qui n’était pas sans rappeler celle de la lune.

Le nom « BepiColombo » est un hommage au scientifique et mathématicien italien du XXe siècle Giuseppe « Bepi » Colombo, à qui l’on doit l’assistance gravitationnelle utilisée aujourd’hui sur les missions planétaires. Pour son lancement depuis le Centre spatial guyanais le 20 octobre 2018, l’engin spatial était installé sur une fusée Ariane 5. En réalité, il se compose de deux sondes : Mercury Planetary Orbiter (MPO) de l’Agence spatiale européenne et Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) de la JAXA, empilés l’un sur l’autre.

Lors du survol, les caméras du Module de transfert vers Mercure étaient orientées vers l’arrière, montrant la perche à instruments au premier plan.

Malheureusement, le survol le plus proche s’est fait derrière la face cachée de Mercure, dans la nuit. Néanmoins, quelques minutes plus tard, BepiColombo a capturé des images le long du terminateur, et ce pendant environ quatre heures.

Se placer en orbite autour des planètes du système solaire n’est pas chose aisée, et BepiColombo devra effectuer neuf survols planétaires avant d’atteindre cette position, le 5 décembre 2025 : un survol de la Terre (effectué en avril 2020), deux survols de Vénus (déjà faits également) et six survols de Mercure. Le deuxième survol de Mercure est prévu le 23 juin 2022.

« Le survol s’est déroulé sans encombre du point de vue de l’engin spatial, et il est incroyable de pouvoir enfin observer notre destination, » s’enthousiasme Elsa Montagnon (responsable des opérations pour l’engin spatial de l’ESA) dans un récent communiqué de presse.

Si en surface, Mercure ressemble à notre lune, elle est en réalité beaucoup plus dense et ne rappelle en rien les hauts plateaux lunaires, dont la lumière accroche l’œil. Au contraire, Mercure est presque uniformément sombre.

Parce qu’elle est proche du soleil, Mercure a toujours été difficile à observer via les télescopes terrestres. La sonde Mariner 10 de la NASA nous a offert les premières bonnes images de Mercure lorsqu’elle a survolé la planète le 29 mars 1974, parvenant à cartographier environ 45 % de la surface de Mercure en gros plan au fil de trois survols. En 2011, la sonde MESSENGER de la NASA est devenue la première et unique mission à se placer en orbite autour de Mercure, cartographiant et explorant la planète jusqu’au 30 avril 2015, date à laquelle elle est devenue le seul objet humain à percuter Mercure.

BepiColombo reprendra le flambeau de l’exploration de Mercure dans les années à venir, elle qui doit sonder la planète depuis son noyau jusqu’à son champ magnétique et son exosphère ténue. Les missions précédentes ont révélé les vestiges d’une activité volcanique et de bombardements intenses. Mercure pourrait-elle être issue d’un noyau planétaire ayant subi un impact majeur au début de l’histoire du système solaire ? Comporte-t-elle actuellement une activité volcanique ou des dégazages ? L’équipe BepiColombo de l’ESA espère répondre à ces questions et plus encore.

À plus long terme, l’agence Roscosmos entrevoit même de se poser sur Mercure avec son Mercury-P dans les années 2030. En sachant que les étapes habituelles de l’exploration planétaire sont le survol, l’orbite, puis l’atterrissage, une telle mission s’appuierait sur les connaissances acquises lors des missions précédentes, telles que BepiColombo.

Nous ne manquerons pas de suivre la mission captivante de l’ESA et de BepiColombo autour de Mercure.

 

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14 conseils pour optimiser les performances de votre station d’observation

Grâce à leurs technologies et leur simplicité d’usage, les stations Stellina et Vespera permettent d’observer le ciel en toute occasion : depuis de grandes villes grâce au filtre anti pollution-lumineuse ou même entre deux passages nuageux grâce à leur rapidité d’installation. Nous avons interrogé nos utilisateurs, ils n’ont jamais autant observer le ciel et utiliser leur télescope depuis qu’ils sont équipés de Stellina ! Pour aller plus loin et profiter au maximum des capacités de votre instrument, voici nos conseils qui vous aideront à améliorer la qualité de vos observations et de vos photos. 

 

Avec des conditions optimales (et un peu de traitement d’image) Stellina et Vespera peuvent produire des images encore plus spectaculaires. Nébuleuse de la Carène capturée avec Stellina depuis le ciel noir et très pur de Namibie, Afrique Australe.

 

1. Turbulence et transparence : observez quand la qualité du ciel est meilleure

Au delà des conditions météorologiques, il y a deux facteurs qui influent sur la qualité des observations astronomiques même par beau temps : la transparence du ciel et la turbulence atmosphérique.

Conseil 1 : observez quand la transparence du ciel est maximum.

Même en l’absence de nuages, l’atmosphère peut être chargée de particules (poussières, sable, pollution, brume) qui absorbent une partie de la lumière provenant des astres et dégradent la qualité des observations. Voici comment évaluer la transparence du ciel pour choisir les meilleurs périodes d’observation.

  • En journée, si l’horizon vous paraît brumeux, si la visibilité ne porte pas très loin ou si vous constatez un halo diffus autour du soleil, la transparence n’est pas bonne.
  • Lorsque le coucher de soleil est particulièrement rouge, cela signifie que l’atmosphère est plus chargée en particules.
  • Lorsqu’un anticyclone est installé depuis longtemps sur une région cela à souvent pour effet de faire stagner les particules dans l’atmosphère. C’est d’ailleurs souvent corrélé au taux de pollution dans les villes.
  • Après une période de pluie ou des averses importantes, le ciel est souvent « nettoyé » et plus transparent (une fois que la couverture nuageuse est dissipée bien entendu).
  • La quantité d’étoiles que vous pouvez distinguer à l’œil nu depuis votre site d’observation habituel (après avoir acclimaté votre oeil à l’obscurité) est bien entendu un indicateur de la transparence du ciel.

Conseil 2 : observez quand la turbulence est au minimum.

L’atmosphère est constituée de masses d’air de densités et de températures différentes qui sont en mouvement. C’est la turbulence atmosphérique. Elle a pour effet de provoquer de légères déviations des rayons lumineux, une sorte de « tremblement » de ce que nous observons. Elle est responsable du scintillement des étoiles. Une turbulence importante diminue la netteté des astres observés. Il est donc utile de savoir évaluer la turbulence pour choisir les meilleures nuits d’observation.

  • En règle générale, lorsqu’il fait très chaud les masses d’air sont en mouvement plus rapides et la turbulence est plus importante. Inversement, par temps très froid la turbulence est souvent plus faible. Ainsi, lorsque le ciel est dégagé, les observations en hiver peuvent être de meilleure qualité.
  • A l’oeil nu, si vous constatez que mêmes les étoiles situées très haut dans le ciel scintillent beaucoup, cela signifie que la turbulence est particulièrement forte. Inversement, si le scintillement des étoiles est à peine perceptible, alors la turbulence atmosphérique est faible et les conditions propices à de meilleures observations.

2. Pollution lumineuse, soleil et lune : observez quand le ciel est bien noir.

Pour obtenir des images plus contrastées et plus éclatantes des astres, il faut privilégier l’observation lorsque le ciel est bien noir.

Conseil 3 : éloignez vous le plus possible des sources de lumière artificielles.

  • Si vous observez depuis une zone urbaine, choisissez un endroit à l’abri des lampadaires ou très peu éclairé tel que les parcs.
  • L’idéal est de trouver un site d’observation éloigné des villes et de privilégier l’observation des régions du ciel qui sont à l’opposé du halo lumineux créé par les villes distantes.

Conseil 4 : observez après le crépuscule astronomique.

Même après le coucher du soleil, il subsiste une luminosité dans le ciel due à la diffusion de la lumière du soleil par l’atmosphère. Pour que la noirceur de la nuit et la visibilité des astres soient maximales, le soleil doit descendre à au moins 18° sous l’horizon. En été dans les pays de l’hémisphère nord dont la latitude est assez élevée, le soleil ne descend jamais assez bas pour obtenir un ciel complètement noir (à proximité et au-delà du cercle polaire, il ne fait même jamais nuit). C’est alors en hiver qu’il est possible de profiter de longues nuits bien noires.

A propos du crépuscule

  • Crépuscule civil : le soleil a disparu sous l’horizon mais est à moins de 6° au-dessous. Le ciel est encore bien clair et les étoiles ne sont pas visibles à l’exception de quelques unes des plus brillantes.
  • Crépuscule nautique : le soleil est entre 6° et 12° sous l’horizon. De nombreuses étoiles deviennent visibles alors que l’horizon lui aussi reste clairement visible. Aux siècles derniers, les marins pouvaient facilement faire le point en mer à l’aide d’un sextant.
  • Crépuscule astronomique : le soleil est entre 12° et 18° sous l’horizon. Le ciel devient suffisamment noir pour réaliser des observations astronomiques dans de bonnes conditions.

 

Conseils sur les conditions d'observation

Même quand les étoiles deviennent visibles, le ciel n’est pas encore assez noir pour observer dans de bonnes conditions les nébuleuses et galaxies. Selon la saison il faut attendre entre une demi-heure et 2 heures après le coucher du soleil pour avoir le ciel le plus noir possible.

Conseil 5 : observez quand la lune est invisible ou en fin croissant.

Dès le premier quartier, l’éclat de la lune est suffisamment important pour produire une lueur sur l’ensemble du ciel qui gène les observations. La période autour de la nouvelle lune est idéale car la lune est invisible ou en fin croissant.
En période de premier quartier, la lune est visible le soir et on peut réaliser des observations de meilleure qualité en deuxième partie de nuit, une fois la lune couchée. Inversement, en période de dernier quartier la première partie de nuit est plus intéressante jusqu’à ce que la lune se lève.
Autour de la pleine lune, celle-ci est particulièrement lumineuse et visible toute la nuit. C’est donc le pire moment pour réaliser des observations astronomiques.

Fish Head Nebula

La nébuleuse de la Tête de Poisson capturée proche de la pleine lune (en haut) et sans la lune (en bas). Crédit : Enrique Gonzales

 

Des applications mobiles pour vous aider.

De nombreuses applications permettent de connaitre les heures de coucher et de lever du soleil, du crépuscule astronomique, les phases de la lune, les moments où elle est visible dans le ciel et déterminer les périodes les plus propices à l’observation : Sun Surveyor, Photopills ou encore l’application d’astronomie Stellarium.

Conseils sur les heures d'observation

Sun Surveyor vous aide à déterminer le meilleur moment pour observer.

3. Température : acclimatez votre station d’observation.

Conseil 6 : sortez Stellina/Vespera 1 heure avant votre observation.

Les télescopes sont des instruments de grandes précisions qui nécessitent des réglages extrêmement fin pour produire des images de bonnes qualité. Ils sont sensibles aux écarts de température qui produisent des effets de contraction ou dilatation des pièces mécaniques et optiques. Cela peut affecté la netteté des images. Ainsi Stellina et Vespera vous avertissent lorsque la température de l’instrument a changé de plus de 3 degrés Celcius depuis l’initialisation et propose de procéder de nouveau à la mise au point pour que celle-ci soit optimale.
Si votre télescope a été stocké toute la journée dans un endroit chaud et que vous le sortez le soir alors que la température extérieure a bien baissé, il y aura une différence de température importante entre votre instrument et l’environnement extérieur (particulièrement en hiver). Il est donc préférable de sortir l’instrument une heure avant de commencer votre observation pour que celui-ci se stabilise à la température ambiante.

4. Stabilité, vibrations, turbulence locale : le bon endroit ou poser votre télescope.

Conseil 7 : évitez d’installer Stellina/Vespera sur des surfaces bétonnées ou goudronnées. Préférez l’herbe ou la terre.

Nous avons vu précédemment en quoi la turbulence atmosphérique était un problème pour les observations astronomiques. La turbulence locale est un autre type de turbulence aux effets également néfastes. Elle est le résultat de la restitution la nuit, de la chaleur emmagasinée en journée par certaines surfaces.
Par exemple, le ciment et le goudron chauffent lorsqu’ils sont exposés au soleil. Une fois la nuit tombée, avec la baisse de température, ces surfaces sont plus chaudes que l’air ambiant et produisent une turbulence localisée. Les surfaces couvertes d’herbe ou de terre ne retiennent pas autant la chaleur et produisent peu de turbulence.

Conseil 8 : installez votre station d’observation sur un sol stable.

Une fois votre instrument initialisé, il est fondamental que le trépied ne bouge plus du tout pour garantir un meilleur suivi des astres et donc une meilleure netteté des images (notamment éviter des étoiles de forme ovale). Evitez de placer Stellina sur de la terre meuble, du sable ou du gravier.

> En savoir plus sur l’initialisation des stations d’observation.

Conseils sur le choix du sol

Un sol en terre dure : un endroit idéal où installer Stellina

Conseil 9 : observez quand il n’y a pas de vent ou placez le télescope à l’abri du vent.

Le vent, au-delà de 10km/h, peut être la cause de mouvements indésirables du télescope et réduire la qualité des images capturées ou augmenter significativement le temps de capture puisque de nombreuses images seront rejetées.

Conseil 10 : évitez toute vibration dans l’environnement immédiat du télescope.

Même les faibles vibrations que vous produisez en marchant à proximité du télescope peuvent se transmettre à ce dernier par le sol et impacter la qualité des images obtenues. Cela est particulièrement valable si vous observez depuis une terrasse, un balcon, un sol en bois …

5. Cible d’observation : choisissez judicieusement.

Conseil 11 : observez des objets situés à plus de 30° au dessus de l’horizon et à moins de 80°.

Près de l’horizon, l’épaisseur d’atmosphère que doit traverser la lumière qui vient des astres est plus importante et cela provoque une diminution de luminosité. Il faut donc mieux attendre que les astres soient à plus de 30° de hauteur pour les observer. En fonction de la durée de votre observation nécessaire pour obtenir une image de bonne qualité, vous devez tenir compte du fait que la rotation apparente du ciel peut amener votre cible sous la limite des 30° alors qu’elle était bien positionnée en début d’observation. Pour éviter ce problème vous pouvez privilégier les astres qui se lèvent à l’est dès qu’ils arrivent à 30° de hauteur.

Le suivi des astres situés à plus de 80° de hauteur est plus délicat avec une monture azimutale telle que celle qui équipe Stellina et Vespera. Les captures peuvent demander plus de temps ou présenter une moins bonne netteté.

Privilégiez les cibles entre 30° et 80° de hauteur en tenant compte de la rotation apparente du ciel. Parfois vous n'aurez pas le choix, certains astres ne seront jamais à plus de 30° de hauteur.

Privilégiez les cibles entre 30° et 80° de hauteur en tenant compte de la rotation apparente du ciel. Parfois vous n’aurez pas le choix, certains astres ne seront jamais à plus de 30° de hauteur. Simulation du ciel par Stellarium™

6. Sous les meilleurs ciels : emportez Stellina et Vespera avec vous

Conseil 12 : partez à la recherche de meilleurs ciels avec votre station d’observation.

Un des avantages de Stellina et Vespera par rapport à des télescopes classiques est leur facilité de transport et d’installation. C’est particulièrement le cas de Vespera qui est tellement compact que vous pouvez l’emporter partout avec vous, en randonnée en montagne ou en avion en bagage cabine. C’est donc l’occasion de partir à la conquête de ciels de qualité exceptionnelle qui vous permettront d’obtenir encore davantage de votre instrument.

Alors où aller ?

  • Un week-end à la campagne loin de la pollution lumineuse (et atmosphérique) des villes. Grâce à l’alimentation par batterie des stations d’observation vous pouvez vous installer au beau milieu d’un champ. Personne ne viendra perturber vos observations
  • Un séjour à la montagne en altitude : le ciel y est souvent plus transparent et éloigné de toute lumière artificielle, même à l’oeil nu vous verrez plus d’étoiles. Emportez Vespera dans votre sac à dos en altitude pour un bivouac nocturne.
  • Certains pays ou certaines régions du globe ont des conditions climatiques spécifiques qui permettent de bénéficier d’une qualité de ciel exceptionnelle. C’est l’occasion de planifier votre prochain voyage avec Stellina ou Vespera parmi les destinations les plus réputées pour la pureté de leur ciel : parcs nationaux de l’Arizona et de l’Utah aux Etats-Unis, îles Canaries dans l’Atlantique Nord, Pic du Midi en France, désert d’Atacama au Chili, Namibie en Afrique Australe, réserve internationale de ciel noir Aorzaki Mackenzie en Nouvelle-Zélande, île de Mauna Kea dans l’archipel d’Hawaii…
Observation avec Stellina depuis la Namibie, un des meilleurs ciels sur la planète.

Observation avec Stellina depuis la Namibie, un des meilleurs ciels sur la planète.

 

La mesure de la qualité du ciel : l’échelle de Bortle

L’échelle de Bortle, du nom de son créateur, comporte 9 niveaux qui permettent de qualifier la noirceur et la pureté du ciel et donc la qualité des observations astronomiques que l’on peut réaliser. L’échelle va de 1 pour un ciel excellent à 9 pour un ciel très illuminé dans le centre des grandes agglomérations (on distingue alors extrêmement peu d’étoiles à l’oeil nu).
Il existe des cartes en ligne qui indiquent les niveaux de pollution lumineuse et de qualité du ciel que vous pouvez consulter pour rechercher votre prochaine destination. Gardez à l’esprit que des circonstances temporaires peuvent changer localement la qualité du ciel… et que la météo doit également être de votre coté.

https://www.lightpollutionmap.info

7. Prolongez l’expérience : capturez plus longtemps et gérez l’alimentation du télescope.

Conseil 13 : réalisez des captures plus longues pour obtenir une image de meilleure qualité.

C’est le processus automatique d’accumulation d’images qui permet à Stellina et Vespera de vous montrer les objets de l’univers de façon éclatante et en couleur. L’application Stellinapp recommande un temps d’observation minimum selon l’objet pour accumuler suffisamment d’images et obtenir un bon résultat. Vous pouvez cependant obtenir un résultat encore meilleur si vous doublez le temps d’acquisition recommandé, particulièrement avec les astres de plus faible luminosité.

Conseil 14 : utilisez des batteries appropriées et ayez en une en réserve.

Réaliser des captures plus longues implique de disposer d’un alimentation suffisante. Stellina fonctionne avec des batteries amovibles. Vous pouvez donc en avoir plusieurs avec vous pour durer toute la nuit. Assurez vous que vos batteries respectent les caractéristiques requises : 5,1 volts et 2,4 ampères minimum. Une batterie de 10 000 mAh vous permet de tenir jusqu’à 5 heures mais gardez à l’esprit que si vous observez par temps froid, la charge de la batterie durera moins longtemps. Utilisez un câble court pour relier la batterie au télescope afin de limiter les déperditions d’énergie.

 

Récapitulatif

Conseil 1 : observez quand la transparence du ciel est maximum.
Conseil 2 : observez quand la turbulence est au minimum.
Conseil 3 : éloignez vous le plus possible des sources de lumière artificielles.
Conseil 4 : observez après le crépuscule astronomique.
Conseil 5 : observez quand la lune est invisible ou en fin croissant.
Conseil 6 : sortez Stellina/Vespera 1 heure avant votre observation.
Conseil 7 : évitez d’installer Stellina/Vespera sur des surfaces bétonnées ou goudronnées. Préférez l’herbe ou la terre.
Conseil 8 : installez votre station d’observation sur un sol stable.
Conseil 9 : observez quand il n’y a pas de vent ou placez le télescope à l’abri du vent.
Conseil 10 : évitez toute vibration dans l’environnement immédiat du télescope.
Conseil 11 : observez des objets situés à plus de 30° au dessus de l’horizon et à moins de 80°.
Conseil 12 : partez à la recherche de meilleurs ciels avec votre station d’observation.
Conseil 13 : réalisez des captures plus longues pour obtenir une image de meilleure qualité.
Conseil 14 : utilisez des batteries appropriées et ayez en une en réserve.

 

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Les grands événements astronomiques d’octobre 2021

Le mois d’octobre sera marqué par un défilé de planètes, des pluies de météores et bien plus encore.

La 75e fête annuelle des étoiles du Nebraska en 2018, au crépuscule. Crédit : Dave Dickinson

Octobre compte parmi les mois que nous préférons pour l’astronomie. Non seulement les températures sont plus fraîches dans l’hémisphère nord, mais les nuits rallongent : il n’est plus nécessaire d’attendre 22 h pour avoir un ciel véritablement sombre.

Le ciel d’octobre : au nord, la Voie lactée estivale s’éloigne vers l’ouest à la tombée de la nuit, tandis que l’astérisme Triangle d’été, composé de Véga, Altaïr et Deneb, est toujours bien présent. À l’est viennent Pégase et les Poissons, dont les grands espaces inoccupés ouvrent une fenêtre sur des galaxies lointaines.

Parallèlement, dans le ciel de l’hémisphère sud, les trois étoiles brillantes Fomalhaut, Achernar et Canopus occupent le devant de la scène stellaire, tout comme les deux célèbres galaxies naines satellites de la nôtre : le Grand et le Petit Nuage de Magellan.

Pour l’anecdote : au XIXe siècle, avant l’avènement de l’astrophotographie, la plupart des astéroïdes étaient découverts à l’œil nu, sous la forme d’« étoiles » peu brillantes, qui changeaient lentement de position d’une nuit sur l’autre. Au cours de cette époque révolue, le nombre d’astéroïdes observés en septembre et octobre dépassait toute autre période de l’année. Et pour cause : la zone relativement vide de l’écliptique passant par les Poissons permettait de repérer facilement les astéroïdes qui se trouvaient par hasard près du périhélie à ce moment-là, alors qu’en été et en hiver, la Voie lactée peuplait le ciel crépusculaire de ses myriades d’étoiles.

Pleine lune capturée par Capitaine Nautilus, utilisateur de Stellina en Suisse.

La lune en octobre 2021 : la nouvelle lune apparaîtra le 6 octobre et la pleine lune sera visible le 20 octobre. Ce sera la Lune du chasseur, nommée ainsi parce qu’elle éclaire les parties de chasse pendant encore quelques heures avant l’arrivée de l’hiver. Malheureusement, octobre ne comptera aucune éclipse ni occultation lunaire intéressante ; il faudra attendre le mois prochain pour profiter de la seconde et dernière saison des éclipses de 2021, dont le coup d’envoi sera une intense éclipse partielle de lune le 19 novembre.

Le 15 octobre au crépuscule. Crédit : Stellarium.

Les planètes à observer en octobre 2021 : ce mois-ci, Saturne et Jupiter seront immanquables, à l’est au crépuscule. Vénus dominera le ciel occidental après le coucher du soleil, atteignant sa plus grande élongation à 47 degrés à l’est du soleil le 29 octobre, à une magnitude de -4,5. Il sera même possible d’apercevoir Vénus en plein jour… si vous savez exactement où regarder dans un beau ciel bleu. Le 9 octobre sera une date de choix pour s’adonner à cet exercice de gymnastique visuelle, en prenant comme point de repère la lune croissante, toute proche.

De son côté, Mercure, visible à l’aube, atteindra sa dernière élongation maximale de 2021, à 18 degrés à l’ouest du soleil le 25 octobre. Seule la timide Mars sera absente de la scène nocturne ce mois-ci, puisque dans le cadre de sa conjonction solaire, elle se trouvera de l’autre côté du soleil le 8 octobre.

Pluies de météores : début octobre, la saison des Taurides battra son plein et les bolides de la comète 2P/Encke redoubleront d’activité. En effet, cette année, le pic est prévu pour le 10 octobre, date à laquelle la lune croissante sera absente pendant une bonne partie de la nuit. L’International Meteor Organization nous signale également potentiellement un sursaut surprise de la comète périodique 15P/Finlay dans la constellation méridionale de l’Autel dans la nuit du 7 octobre.

Les comètes : à propos des comètes, la comète 29P/Schwassmann-Wachmann 1 a offert aux observateurs la surprise d’un quadruple sursaut fin septembre, la portant à une magnitude d’environ +11. Un nouveau sursaut « pourrait » l’amener à une magnitude de +10 ou plus, visible à l’aide d’un petit télescope ou de jumelles. La comète 29P se trouve actuellement dans la constellation du Cocher, haut dans le ciel nordique quelques heures avant l’aube.

Zoom sur le ciel profond (hémisphère nord) : M31 – Si vous regardez les cartes stellaires du siècle dernier, vous verrez un objet curieux nommé « nébuleuse d’Andromède ». Observée avant même l’invention des télescopes, cette tache dans la constellation du même nom figure dans le catalogue de Charles Messier sous la référence M31. C’est au sein d’Andromède que l’astronome Edwin Hubble a découvert une céphéide, ce qui lui a permis de calculer l’immense distance de cette étoile variable. Cette célèbre observation s’accompagnait d’une révélation étonnante : à 2,5 millions d’années-lumière, M31 était une galaxie, un « univers autonome » à part entière. Avec son voisin M33, dans la constellation du Triangle, M31 compte parmi les objets les plus éloignés que l’on puisse observer à l’œil nu. En plus de son noyau lumineux capable de remplir le champ de vision des télescopes, ses extensions couvrent trois degrés complets, soit l’équivalent de six pleines lunes.

La galaxie d’Andromède (M31) capturée par le smart télescope Vespera.

Dans quelque 4 milliards d’années, la Voie lactée et la galaxie d’Andromède fusionneront en une méga-galaxie massive, surnommée « Milkomeda ».

Zoom sur le ciel profond (hémisphère sud) : lorsque Ferdinand Magellan effectue son voyage historique autour du monde en 1519, son équipage remarque deux « nuages » lumineux qui constituent des points fixes dans le ciel profond de l’hémisphère sud. Bien que d’autres avant eux aient déjà observé ces objets, ce sont les noms Grand Nuage de Magellan (GNM) et Petit Nuage de Magellan (PNM) qui entrent dans la postérité. Aujourd’hui, nous savons que ces « nuages » sont en réalité des galaxies satellites irrégulières de notre propre Voie lactée.

Le GNM et le PNM au centre du champ de vision du satellite TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) de la NASA. Crédit : NASA/MIT/TESS/Ethan Kruse.

Le Grand Nuage de Magellan (GNM) et le Petit Nuage de Magellan (PNM) au centre du champ de vision du satellite TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) de la NASA. Crédit : NASA/MIT/TESS/Ethan Kruse.

Le GNM se trouve à 163 000 années-lumière de la Terre, dans la constellation de la Dorade, tandis que le PNM se trouve à 200 000 années-lumière de notre planète, dans la constellation du Toucan. Toutes deux visibles haut dans le ciel de l’hémisphère sud en octobre, au crépuscule, ces galaxies sont des objets exceptionnels, que nombre d’astronomes « nordistes » souhaitent observer au moins une fois dans leur vie, quand ils se rendent de l’autre côté de l’équateur.

Objet défi (hémisphère nord) : en 1995, les astronomes découvrent pour la première fois une planète en orbite autour d’une étoile de la séquence principale. 51 Pegasi b est ainsi découverte grâce à la méthode des vitesses radiales, en recherchant les tiraillements de l’étoile primaire induits par un compagnon invisible. Bien que l’exoplanète elle-même ne soit pas visible, le système 51 Peg auquel elle appartient affiche une magnitude correcte, de +5,5, facilement observable avec un petit télescope en octobre, environ à mi-chemin entre Alpha et Beta Pegasi, au bord de l’astérisme Grand carré de Pégase.

Objet défi (hémisphère sud) : quelle est l’étoile la plus proche de notre système solaire ? Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas Alpha du Centaure, qui brillera au sud-ouest, dans le ciel crépusculaire en octobre. Non, il s’agit de la troisième roue du carrosse dans ce même système stellaire : la naine rouge de magnitude +11 Proxima Centauri, située à environ 2 degrés. Distante de 4,2 années-lumière, Proxima tourne autour de la paire Alpha-Beta en 1,5 millions d’années.

À la recherche de Proxima. Crédit : Stellarium.

En 2021, nous avons connaissance de deux exoplanètes en orbite autour de Proxima : un « Jupiter chaud » affichant 1,6 fois sa masse et une orbite rapide de cinq jours ; et un objet dont la masse équivaut à sept Jupiter et qui tourne autour de Proxima en cinq ans. N’hésitez pas à observer Proxima et demandez-vous si l’homme franchira un jour le pas interstellaire vers ces mondes fascinants.

Les grands événements astronomiques d’octobre 2021

06/10 : nouvelle Lune

07/10 : sursaut dans la constellation de l’Autel ?

08/10 : Draconides ?

10/10 : pleine saison des Taurides

20/10 : Lune du chasseur

21/10 : pic des Orionides

25/10 : Mercure en élongation maximale (à l’aube)

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Les satellites Spire sont prêts pour le cycle solaire 25

La constellation de nano-satellites Spire, unique en son genre, fournit la météo spatiale en temps réel.

Parfois, pour observer l’espace, il faut savoir baisser les yeux. Ce principe s’applique particulièrement à la météorologie spatiale, souvent marquée par les interactions de notre planète avec notre soleil et ses vents fréquents. À l’ère de la mondialisation et de la technologie, notre société moderne est de plus en plus fragile face aux phénomènes de la météorologie spatiale, dans un contexte où le cycle solaire 25 s’annonce intense.

Et les satellites Spire furent

Modéliser et comprendre les phénomènes observés à travers le monde : tels sont les objectifs de Spire Global Inc. et sa constellation de satellites Lemur. Héliosynchrone et placé dans l’orbite terrestre basse (OTB), le premier satellite Lemur a été lancé par une fusée russe Dnepr en 2014. 110 satellites plus tard, seule la constellation Starlink de SpaceX est plus nombreuse que la constellation de Spire.

Spire met en avant l’aspect innovant des données produites par son système : transmises directement « de l’espace vers le cloud », elles constituent une source fournie de modèles météorologiques pour l’industrie maritime, l’aviation et d’autres outils. Pour cela, Spire utilise une série d’instruments qui analysent en temps réel une tranche de l’atmosphère située sous les satellites. Caractéristique cruciale dans le domaine de la météo spatiale, Spire modélise même l’ionosphère via des occultations radio au-dessus de l’horizon. Il faut savoir que souvent, des turbulences (appelées scintillations) peuvent perturber, voire totalement déboussoler les GPS, surtout lorsque l’activité solaire est intense.

À noter que les données analytiques de Spire sont en accès libre. La National Oceanic and Atmospheric Administration américaine a récemment signé un contrat avec Spiral Global pour obtenir des données quotidiennes via l’occultation radio, l’objectif étant d’améliorer l’exactitude des prévisions météorologiques dans le monde entier. C’est la première fois que la NAOO acquiert une telle quantité de données météorologiques grand public.

Cette météorologie dans le cloud promet de jouer un rôle important à mesure que le cycle solaire 25 montera en puissance. En effet, notre Soleil traverse un cycle de 11 années ponctuées de taches solaires et d’inversions de la polarité nord-sud sur une période de 22 ans décrite par Hale. Le cycle solaire 24, le moins intense du XXe siècle, nous a offert un certain répit. Néanmoins, à en juger par le début de l’année 2021 et les récentes taches solaires, le cycle 25 pourrait être intense, lors de son niveau maximal en 2025. Déjà cette semaine, plusieurs groupes de taches solaires volumineuses (un record ces dernières années) sont visibles en direction de la Terre.

La météo spatiale et la crainte d’une petite catastrophe pour la Terre

Tout un arsenal de satellites météo et d’observatoires aux quatre coins du monde surveillent le soleil 24 heures sur 24. De fait, l’activité de l’ionosphère présente un intérêt déterminant. Une éjection de masse coronale en direction de la Terre de type éruption X peut aveugler les satellites et obliger l’équipage de la Station spatiale internationale à s’abriter au centre de l’ISS. Sur Terre, une éruption solaire intense peut entraîner des aurores boréales loin des pôles et semer le chaos parmi les lignes de communication et de transmission. C’est ainsi qu’en 1859, lors de l’événement de Carrington, les télégraphes ont pris feu et les aurores boréales ont été visibles jusque dans les Caraïbes. Inutile de préciser que de nos jours, dans notre société dépendante des technologies, une telle éruption serait une petite catastrophe.

D’où l’importance cruciale de surveiller la météo spatiale. Or la constellation innovante de nanosatellites Spire comble précisément des lacunes dans notre compréhension de l’environnement météorologique spatial qui nous entoure.

 

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Comment observer la mission Inspiration4 cette semaine ?

Inspiration4, la mission historique de SpaceX habitée à 100 % par des civils, sera visible pour quiconque sait où regarder.

Inspiration4 dans l’espace, telle que vue par un artiste. Source : SpaceX.

Les vols habités s’apprêtent à connaître une véritable révolution.

Le décollage d’Inspiration4 est prévu depuis le pas de tir LC-39A le mercredi 16 septembre à 00:02 UTC/20:02, heure de Paris. Pour rappel, en leur temps, le pas de tir LC-39A a accueilli les missions Apollo et la navette spatiale américaine (Space Shuttle).

L’équipage d’Inspiration4 sera composé de Jared Isaacman, Hayley Arceneaux, Christopher Sembroski et Sian Proctor. Les fonds levés pour cette mission ainsi que les profits générés seront reversés à l’hôpital St Jude.

Le vaisseau Crew Dragon Resilience décollera ce soir, porté par une fusée Falcon 9/Block 5 qui en sera à son troisième vol. Après le lancement et le déploiement, la fusée de lancement Falcon Stage 1 atterrira sur la barge de récupération en mer Just Read the Instructions.

Quant à l’équipage, il passera trois jours dans l’espace, avant d’amerrir le dimanche 19 septembre dans l’océan Atlantique, où il sera récupéré par le navire SpaceX GO Navigator.

Inspiration4 se placera dans l’orbite terrestre basse (OTB), comme l’ISS, à un angle de 51,6 degrés par rapport à l’équateur et une distance de 590 km, faisant le tour de la Terre en 90 minutes.

Comment observer Inspiration4 ?

Bonne nouvelle : grâce à cet angle aigu, Crew Dragon Resilience et Inspiration4, tout comme la Station spatiale internationale, seront visibles pendant la majeure partie de leur orbite. Bien sûr, la capsule de 8,1 mètres ne brillera pas aussi fort que l’ISS, mais elle atteindra malgré tout une magnitude très correcte de +1 à son zénith.

De plus, si le lancement se fait effectivement à l’heure annoncée, la fusée pourrait être visible pendant les premières minutes de son parcours le long de la côte est américaine. En effet, les fusées tirées depuis la Floride ont parfois été visibles jusque dans l’État de Virginie, illuminant l’aube ou le crépuscule d’un spectacle magnifique.

Le site Heavens-Above devrait suivre la mission une fois qu’elle sera en orbite, probablement sous la référence NORAD COSPAR ID 2021-083A. Lorsque l’on saisit dans Orbitron les paramètres orbitaux à deux lignes fournis par le site de suivi de satellites de Marco Langbroek, les résultats indiquent que les premiers passages d’Inspiration4 devraient être bien visibles dans des latitudes de 20-50 degrés nord à l’aube, et 10N à 30S au crépuscule. Nous indiquerons où observer Inspiration4 dans le monde entier sur Twitter depuis le compte @Astroguyz.

Pour observer Dragon et Inspiration4, il suffira de parcourir du regard le ciel à l’aube et au crépuscule ; aucun instrument ne sera nécessaire si vous savez où et quand regarder. En effet, aux premières heures du jour et de la nuit, les satellites situés dans l’OTB réfléchissent les rayons du soleil et s’apparentent à des étoiles en mouvement continu.

Du côté des vols habités, l’orbite terrestre n’a jamais été aussi peuplée. Cette semaine, l’être humain est présent :

– dans la Station spatiale internationale, 7 membres d’équipage ;

– dans la nouvelle station chinoise Tiangong, 3 membres d’équipage (qui pourraient revenir sur Terre dès vendredi) ;

– Inspiration4, 4 membres d’équipage. Soit au total 14 hommes et femmes dans l’espace.

Le record précédent était de 13 personnes simultanément dans l’espace le 14 mars 1995 : 7 astronautes à bord de la navette spatiale STS-67 Endeavor, 3 cosmonautes à bord de la station Mir et 2 cosmonautes ainsi qu’un astronaute à bord de Soyouz TM21.

Mais ce n’est pas fini ! Axiom Space prévoit un partenariat avec SpaceX afin d’envoyer des touristes de l’espace vers l’ISS, en sachant que la première mission pourrait décoller dès janvier 2022.

Ces touristes de l’espace sont-ils l’avenir des vols habités ? Certains affirmeront-ils à nouveau que les milliardaires n’ont pas leur place dans l’espace, comme lors des vols récents de Blue Origin et Virgin Galactic ? Utilisera-t-on le terme « privonautes » pour désigner ces astronautes d’un nouveau genre ?

Quel que soit votre avis sur la question, n’hésitez pas à observer la mission Inspiration4 lorsqu’elle passera au-dessus de votre tête cette semaine, porteuse d’un merveilleux potentiel pour l’avenir.

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Alerte : impact sur Jupiter

La semaine dernière, un objet est entré en collision avec la plus grande planète du système solaire.

Source image principale : Société Lorraine d’Astronomie (capture d’écran).

Toujours rester à l’affût de l’inattendu, même lors des observations de routine. Car l’inattendu : c’est exactement ce qui s’est produit la semaine dernière, quand en Amérique du Sud et en Europe, une lumière vive a été observée sur Jupiter.

L’impact : il a frappé vers 22:39:37 UTC, 00:39:37 heure de Paris, le 13 septembre dans la zone équatoriale de Jupiter. Un événement qui coïncidait avec le passage d’Io, l’une des lunes galiléennes les plus proches de Jupiter, dont l’ombre était alors projetée sur les nuages joviens. On doit probablement ce flash lumineux à une comète ou un astéroïde de plusieurs mètres, prenant feu dans l’atmosphère de la planète. À noter qu’aucune trace d’impact n’a été observée les soirs suivants. Suite à cette découverte, les observateurs du monde entier se sont empressés de passer au crible les vidéos et photos capturées pendant ce créneau horaire, plusieurs d’entre eux confirmant la lumière et l’impact en question. La nouvelle de cet impact a rapidement fait le tour du monde de l’astronomie via les forums Internet et les réseaux sociaux, notamment Twitter, où l’alerte avait été donnée en premier.

Cet impact est survenu dans une configuration idéale, puisque Jupiter était en opposition le mois dernier. Comme son nom l’indique, l’opposition désigne le moment où Jupiter se trouve à l’opposé du soleil par rapport à la Terre, se levant à l’est pendant que le soleil se couche à l’ouest. Jupiter fait le tour du soleil en 11 années et se trouve en opposition environ tous les 13 mois, se déplaçant alors d’une constellation vers l’est le long du zodiaque. Jupiter tourne par ailleurs très vite sur elle-même, en 10 heures. Il est donc possible d’observer la totalité de la planète pendant l’opposition, en une seule nuit.

Historique des impacts : bien entendu, d’aucuns ont encore à l’esprit le plus célèbre des impacts planétaires, entre la comète Shoemaker-Levy 9 et Jupiter en 1994. Alors qu’à l’époque, ce genre d’impact passait pour relativement rare, ce ne sont pas moins de sept collisions avec Jupiter qui ont été observées en 25 ans, depuis cette explosion jovienne. Force est de rendre hommage aux technologies modernes d’imagerie planétaire, qui permettent une couverture photo et vidéo presque continue de Jupiter. Avant le XXIe siècle, combien d’impacts ont échappé aux regards, même les plus avertis ?

À l’heure actuelle, les astronomes spécialisés dans les planètes estiment que Jupiter est en quelque sorte le gardien de but du système solaire interne : la planète dévie et absorbe les nombreuses intrusions provenant du lointain système solaire externe. D’ailleurs, les comètes ont 40 % de chances de voir leur orbite altérée en périhélie par Jupiter, comme ce fut le cas de la célèbre comète Hale-Bopp : à la fin des années 1990, son orbite avait été raccourcie de plusieurs milliers d’années.

Alors n’oubliez pas d’ouvrir l’œil, même lorsque vous ne cherchez rien en particulier… On ne sait jamais ce que nous réserve l’espace !

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Le temps de l’équinoxe : les grands événements astronomiques de septembre 2021

 

Septembre est un mois d’équinoxe : dans l’hémisphère nord, les nuits rallongent, pour notre plus grand plaisir, avant l’arrivée des températures hivernales.

Le ciel de septembre : la Voie lactée continue de se déployer dans toute sa majesté après le crépuscule. Au nord, le célèbre astérisme dénommé « Triangle d’été » trône haut dans le ciel, lui qui est délimité par les trois étoiles Deneb, Altaïr et Véga.

Signifiant « nuit égale », l’équinoxe désigne un événement semestriel au cours duquel (en mars et en septembre) l’axe de rotation de la Terre se trouve à 90 degrés par rapport au soleil, si bien que la nuit et le jour font la même durée dans le monde entier. Par bien des aspects, la saison des équinoxes est une période très spéciale, notamment marquée par les éclipses de GEOSat. Ainsi, pendant plusieurs semaines avant et après l’équinoxe, les satellites placés en orbite géostationnaire ou géosynchrone semblent briller très brièvement dans le ciel, avant de disparaître dans l’ombre de la Terre. Autre phénomène à surveiller pendant cette période, les aurores boréales battent leur plein. Longtemps resté mystérieux, ce pic d’activité deux fois par an a finalement été expliqué par l’effet Russell-McPherron, selon lequel les vents solaires s’engouffrent dans des fissures au niveau du champ magnétique de la Terre. Or pendant la période de l’équinoxe, le champ magnétique de la Terre se trouve à son angle le plus faible. À noter que 2021 voit se terminer un minimum solaire profond, alors que débute véritablement le cycle solaire 25. Ce nouveau cycle brillera-t-il par son éclat ou par sa banalité ? La question ne fait pas encore consensus, mais le fait est que la fin du mois d’août a été marquée par un regain d’activité solaire dans le monde entier.

La lune en septembre 2021 : le premier quartier apparaîtra le 13 septembre, tandis que le dernier quartier sera visible le 28 septembre. Par conséquent, la face cachée de la lune dominera du 1er au 13 septembre (période la plus propice à une observation du ciel profond la nuit), en sachant que la nouvelle lune sera présente aux alentours du 7 septembre, puis à nouveau les 29 et 30 septembre. Bien entendu, la lune elle-même est un objet fascinant à étudier, notamment lors du premier et du dernier quartier, où les sommets et cratères sont particulièrement contrastés dans la partie éclairée par le soleil / le terminateur.

Les planètes à observer en septembre 2021 : ce mois-ci, les amateurs de ciel nocturne ne seront pas en reste, puisqu’ils pourront distinguer l’ensemble des planètes visibles à l’œil nu tout de suite après le coucher de soleil. Mars sera la planète la plus difficile à trouver, elle qui se trouvera à seulement 12 degrés du soleil au début du mois, bien en dessous de Mercure et de Vénus, à l’ouest. Les géantes gazeuses Jupiter et Saturne seront les reines de la nuit, se levant à l’est, après leur opposition le mois dernier. Les plus audacieux tenteront d’observer, à la jumelle ou au télescope, Neptune : d’une magnitude de +8, elle se trouvera en Verseau ce mois-ci. Pour l’anecdote, Neptune a été découverte dans cette même constellation en 1846, après des prédictions de l’astronome Urbain Le Verrier. Depuis, elle a achevé un seul tour complet autour du Soleil, il y a dix ans.

Objet star (hémisphère nord) : M57, Nébuleuse de la Lyre – Elle est l’un des tout premiers objets que j’ai cherché à observer dans le ciel profond. Située dans la constellation de la Lyre, M57 est une nébuleuse planétaire fine facile à repérer entre les étoiles brillantes bêta et gamma Lyrae. À la jumelle, dans un ciel bien sombre, je distingue à peine l’anneau éthéré de M57, qui saute vraiment aux yeux au télescope. M57 se trouve à environ 2 300 années-lumières de la Terre.
Il s’agit là d’une étoile en fin de vie, qui, dans un dernier souffle, éjecte un mélange de gaz et de poussière dans l’espace. Au centre de M57, se trouve une naine blanche à une magnitude de +15 difficile à observer. Notre soleil connaîtra-t-il le même sort dans quelque 5 milliards d’années, donnant naissance à une nébuleuse planétaire qui éblouira les futurs habitants de la Voie lactée ? Une étude de 2013 (en anglais) sème le doute… Bon à savoir : les nébuleuses planétaires n’ont de planétaire que leur nom. Néanmoins, parce que les premiers astronomes trouvaient qu’elles ressemblaient à des planètes, Charles Messier décida d’utiliser cet adjectif dans son célèbre catalogue du ciel profond.

Objet star (hémisphère sud) : l’Amas du Canard sauvage, M11 – Les observateurs ont souvent tendance à négliger les amas ouverts. C’est toutefois regrettable, puisque ces groupes d’étoiles moins concentrés sont malgré tout suffisamment éclatants pour attirer l’œil, même dans un contexte de pollution lumineuse. Or M11 fait partie de mes préférés. Je l’associe souvent à la constellation de l’Aigle : il se trouve juste à côté de la queue, dans la minuscule constellation de l’Écu de Sobieski.
Situé dans une déclinaison sud légèrement supérieure à -6, M11 est un objet fin, quel que soit l’hémisphère. Distant de 6 200 années-lumières, M11 occupe le bras du Sagittaire au sein de la Voie lactée, du côté du centre galactique. À la lunette, M11 arbore un aspect poudré, tel du sucre.

Objet défi (hémisphère nord) : lorsque vous observerez M57 dans la constellation de la Lyre, profitez-en pour tenter de démêler la célèbre « double double » epsilon Lyrae. Ce système de quatre étoiles se trouve à environ 1,5 degrés de la brillante Véga. S’il est relativement aisé de distinguer la paire de 210”, la paire dans la paire est plus compliquée à observer, chaque double étoile étant séparée par seulement 2,5”. À noter que cet incroyable système se trouve à 162 années-lumières de la Terre.

Objet défi (hémisphère sud) : elles sont l’ironie du ciel nocturne… Les naines rouges, objet stellaire le plus courant de l’univers, ne sont pas visibles à l’œil nu. L’une des plus éclatantes, AX Microscopium, se trouve à une magnitude de +6,6, dans l’obscure constellation du Microscope. Distante de 12,9 années-lumières, cette étoile est un parfait exemple de naine rouge solitaire proche, à rayer de votre liste des objets à observer au moins une fois dans sa vie. Les coordonnées d’AX Microscopium sont les suivantes : AD : 21 heures 18’ 35”, déclinaison -38 degrés 46’ 49”.

Les grands événements astronomiques de septembre 2021
07/09 : nouvelle lune
14/09 : élongation de Mercure à son maximum (27 degrés à l’est du soleil au crépuscule)
14/09 : Neptune en opposition
15/09 : saison des éclipses de GEOSat
17/09 : comète 6P/d’Arrest au périhélie (magnitude +9, 93 degrés à l’est du soleil en Sagittaire au crépuscule)
20/09 : pleine lune de l’équinoxe d’automne
20/09 : depuis le Mexique et les États-Unis, (762) Pulcova cache une étoile de magnitude +7, dans ce qui sera l’occultation stellaire la plus puissante par un astéroïde en 2021.
22/09 : équinoxe d’automne
23/09 : saison des aurores boréales

 

Nébuleuse de la méduse
Journal de bord

Lundi 8 février

1h12

Aujourd’hui, nous avons entrepris un voyage à vingt mille lieues sous les mers à bord de la station Stellina. Nous n’imaginions pas rencontrer une immense méduse céleste sur notre chemin. Envoutés par les mouvements de son corps radiant et transparent, nous restons 5 heure s à l’observer nager majestueusement dans cette mer d’étoiles qu’on nomme les Gémeaux. Quel animal marin allons-nous encore rencontrer ?

Nébuleuse de la méduse Objet : IC 443 Nébuleuse de la Méduse
Date : 08/02/2021
Temps total d’exposition : 5h
Localisation : USA
Auteur : Brian P.

m8 process
Journal de bord

Vendredi 31 juillet

00h56

Voyage dans la constellation du Sagittaire depuis la Namibie. Fuyant la chaleur écrasante
du plus vieux désert du monde, le Namib, nous plongeons au coeur du Lagon rose. La nébuleuse s’étire sur plus 100 années-lumière de profondeur, nous croisons sur notre chemin récifs d’étoiles et globules de Bok. Nous évitons de justesse d’être engloutis par une tornade causée par l’émission d’ultra-violets d’une étoile massive, creusant un tunnel vers une région encore plus obscure. A mi-chemin, nous nous retrouvons dans la zone appelée Zone du Sablier et assistons, avec émerveillement, à la naissance de jeunes étoiles qui viendront à leur tour illuminer cette immense étendue de gaz cosmique.

m8 process

Objet : M8 Nébuleuse du Lagon
Date : 01/07/2020
Images empilées : 360x10s
Temps total d’exposition : 1h
Localisation : Namibie
Auteur : Sebastien Aubry