Observations

M47
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Que peut-on observer dans le ciel en Janvier 2023?

Que peut-on observer dans le ciel en Janvier 2023? Dans notre système solaire, plusieurs évènements auront lieu au début de cette nouvelle année. 

Tout d’abord, le 4 janvier, la Terre passera au périhélie. Dans sa trajectoire elliptique autour du Soleil, ce jour marquera la distance minimale entre notre planète et son étoile.

La distance sera de 147 098 925 km soit environ 5 million de kilomètres plus proche que la distance maximale entre les deux objets.

Que peut-on observer dans le ciel en Janvier 2023?

 

Le 4 janvier également, la pluie des Quadrantides atteindra son pic d’activité.

Entre 60 et 200 météores à l’heure devraient illuminer le ciel étoilé. Le point radiant, l’endroit d’où semblent venir les étoiles filantes, est situé dans la constellation du Bouvier dans la direction de la Grande Ourse. Son nom vient d’une ancienne constellation, le Quadrant Mural créé en 1795 par l’astronome Jérôme Lalande. Le nom faisait référence à un outil utilisé par les astronomes. La constellation est supprimée en 1922 lorsque l’Union Internationale des Astronomes (UIA) à officialisé le nom des 88 constellations de notre ciel.

Découverte au printemps 2022, la comète C/2022 E3 (ZTF) animera ce début d’année. Le 12 janvier, elle passera au périhélie à environ 1,1 fois la distance Terre-Soleil.

Le nom de la comète suit la nomenclature officielle de dénomination de ces objets. Le “C” indique que la comète n’est pas périodique où qu’elle met plus de 200 ans à pour parcourir son orbite. “2022 E3” indique qu’il s’agit d’une comète découverte en 2022 au début du mois de Mars. “(ZTF)” est la référence à l’équipe de recherche qui a fait la découverte à savoir le Zwicky Transient Facility situé au Mont Palomar en Californie.

Passée cette date, la comète prendra le chemin de la Terre : elle devrait passer au plus près de nous le 1er février à seulement 0,28 unité astronomique soit environ 100 fois la distance Terre Lune.

Dans le meilleur des cas, la comète devrait être visible à l’oeil nu. Les estimations de la luminosité devrait s’améliorer après son passage au plus près du Soleil. 

Que peut-on observer dans le ciel en Janvier 2023?

Source

Du côté du ciel profond, plusieurs objets en fonction de votre position pourront être observés dans des conditions idéales durant ce mois de Janvier.

Il y a par exemple M47, un amas ouvert dans la constellation de la Poupe, qui passera au plus dans le ciel le 15 janvier. Vous pourrez utiliser le mode mosaïque pour capturer sur la même image M47 ainsi que M46 un autre amas ouvert et la nébuleuse planétaire NGC 2438.

Également au plus haut dans le ciel le 15 janvier, la galaxie spirale NGC 2403 dans la constellation de la Girafe sera également dans des conditions idéales pour être photographiée avec votre instrument. 

the rosette nebula
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Que peut-on observer dans le ciel en décembre?

Que peut-on observer dans le ciel en décembre? Pour ce dernier mois de l’année, Mars sera de la partie à plusieurs reprises, accompagné par de belles pluies d’étoiles filantes!

La planète Mars nous proposera plusieurs évènements au mois de décembre

Le 1er décembre, comme environ tous les 780 jours, la planète rouge passera au plus proche de La Terre. Lors de ce passage, Mars sera cette fois-ci à 81 millions de kilomètres de nous. Comme la trajectoire de la planète est excentrique, elle ne décrit pas un cercle mais une ellipse, la distance minimale entre les deux planètes varie entre 55 millions et 120 millions de km.

La configuration de 2022 n’est donc pas la plus optimale. Il faudra attendre les prochains passages de 2035 et 2050 pour que la planète soit au plus proche possible.

Pour assister au prochain record de proximité entre les deux planètes, il faudra attendre le 28 août 2287. La distance ne sera que de 55,758 millions de km soit 70000 km de moins que le précédent record de 2003.

Crédit : Yohann Gominet, Observatoire de Paris – PSL / IMCCE

Quelques jours plus tard, le 8 décembre, la planète sera en opposition. Le système Soleil, Terre Mars sera aligné.

Dans certaines parties du monde, Mars jouera en même temps à cache-cache avec la pleine Lune. En Europe de l’Ouest, au Canada et sur une large partie des États-Unis, la planète rouge passera derrière la dernière pleine Lune de l’année. Durant environ 1h, entre 2H17 UTC et 6H10 UTC, en fonction de votre position, la planète disparaitra derrière notre satellite naturel.

occultation de la lune par mars

Au final, Mars sera visible simultanément avec les autres planètes du système solaire à la fin du crépuscule.

Pour Uranus et Neptune, vous aurez besoin d’un instrument pour les observer.

Les autres seront, quant à elles, visibles à l’œil nu.

Solstice 21 décembre 21h48

Le 21 décembre, à 21H48 UTC, marquera le solstice de décembre.

Pour l’hémisphère nord, il s’agira de la nuit la plus longue et du début de l’hiver pour les régions tempérées. Pour l’hémisphère Sud, il s’agira de la nuit la plus courte et le début de l’été dans les zones tempérées.

Des pluies d’étoiles filantes

Pluie de météorites des Géminides

Entre le 4 et le 17 décembre, la Terre traversera les débris de poussière laissés par l’astéroïde Phaeton. Ces débris vont venir brûler dans l’atmosphère et offrir une pluie d’étoiles filantes. Le pic d’activité est prévu pour le 14 décembre avec des taux pouvant atteindre 120 étoiles filantes par heure en fonction de votre localisation.

Ursides

Après la pluie des Géminides, celles des Ursides prendra le relais entre le 17 et le 26 décembre. La Terre passera alors dans les poussières déposées par la comète Tuttle. Le maximum d’activités est prévu pour le 22 décembre. Le nombre d’étoiles filantes sera de quelques dizaines par heure.

Ciel profond

13 décembre

Pour les habitants de l’hémisphère Sud, le Grand Nuage de Magellan sera haut dans le ciel et dans de bonnes conditions    d’observations. Le nouveau mode Mosaïque vous permettra d’observer différentes régions de cette galaxie, telle que la Nébuleuse de la Tarentule et les amas ouverts l’entourant. Vous pouvez également aller explorer une autre partie du LMC en observant l’amas ouvert NGC 1761 et son environnement lui aussi riche en amas et en nébulosités.

nébuleuse de la rosette

NGC2237 avec Vespera et le mode mosaïque CovalENS

30 décembre: La nébuleuse de la Rosette

Pour les habitants de l’hémisphère Nord, la nébuleuse de la Rosette sera dans de bonnes conditions d’observations au mois de décembre. Elle atteindra son point culminant le 30 décembre. Profitez du mode mosaïque pour obtenir une observation de l’ensemble de cette zone.

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Que peut-on observer dans le ciel en Novembre ?

Que peut-on observer dans le ciel en Novembre ? La fin d’année va être riche en observations du ciel et ce mois de Novembre démarre dores et déjà avec une éclipse totale de Lune, visible sur la côte ouest des Etats-Unis, Australie et Asie de l’Est, notamment.

Cérès traverse le triplet du Lion entre le 6 et le 7 novembre

Durant le 6 et 7 novembre, la planète naine Cérès passera au travers du Triplet du Lion dans le ciel. Il s’agira évidemment d’un effet visuel dans notre ciel car la plus petite planète naine du système solaire avec une taille de 950 km ne se trouve qu’à environ 400 millions de kilomètres de nous alors que les Galaxie M65, M66 et la galaxie du Hamburger se trouve à 35 millions d’années-lumière.

Ceres

Eclipse totale de Lune le 8 novembre

Après l’éclipse partielle du Soleil du 25 octobre, le Soleil, la Terre et la Lune joueront encore ensemble pour nous proposer un nouvel évènement dans le ciel. Cette fois-ci, l’alignement des 3 objets sera différent car c’est la Terre qui se retrouvera au milieu du trio. La Lune se retrouvera alors totalement dans l’ombre de la Terre et ne percevra plus la lumière du Soleil durant cette éclipse totale de Lune.

Le phénomène sera visible partout où il fera nuit le 8 novembre entre 09h10 et 12H49 UTC à savoir les Amériques, l’Asie et l’Océanie.

Que peut-on observer dans le ciel en Novembre

Uranus en opposition le 9 novembre

La septième planète du système solaire sera en opposition le 9 novembre. La géante de glace sera située à quelques degrés de la pleine Lune. Dans l’est de l’Asie et en Alaska, l’opposition de la planète sera accompagnée d’une occultation le jour d’avant par la Lune.

Leonid 18 novembre

Durant le mois de Novembre, la Terre traverse les résidus laissés par la comète Tempel-Tuttle. Environ 10 tonnes de débris pesant moins d’un gramme pour des tailles inférieures à 10mm viennent brûler dans notre atmosphère.

Dans la nuit du 18 novembre, cette pluie d’étoiles filantes des Léonides atteindra son maximum d’activité. En direction de la constellation du Lion, environ 15 météores par heure devraient être visibles.

Anecdote: la comète, officiellement référencée comme 55P/Tempel-Tuttle, a été découverte indépendamment par les astronomes Ernest Tempel le 19 décembre 1865 et par Horace Parnell Tuttle le 6 janvier 1866. Elle a une période de 33 ans. Son dernier passage au plus près du Soleil date du 28 février 1998 et son prochain est prévu pour le 20 mais 2031 d’après sa trajectoire actuelle.

M45, les Pléiades bien placées dans le ciel le 18 Novembre

Durant la nuit du 18 novembre, les 7 sœurs des Pléiades et leurs parents Atlas et Pléioné atteindront leur hauteur maximale dans le ciel nocturne. L’amas ouvert sera dans des conditions optimales pour être observé. Dans le ciel, en suivant la ligne imaginaire formée par les étoiles Sirius, la ceinture d’Orion et Aldebaran, vous découvrirez un petit regroupement de 5 étoiles brillantes. Après quelques temps d’adaptation, votre œil devrait en distinguer un peu plus et dans d’excellentes conditions d’observations et avec une bonne vue, vous devriez en distinguer 12.  En utilisant votre instrument et la version beta du mode Mosaïque de Singularity, vous devriez détecter quelques dizaines d’étoiles parmi le millier d’objets contenus dans l’amas ouvert.

M45 Que peut-on observer dans le ciel en Novembre ?

photo par Hervé Descoubes

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Les grands événements astronomiques de mai 2022

Les grands événements astronomiques de mai 2022 : le mois de mai verra un beau rassemblement de planètes à l’aube, trois pluies de météores possibles et une spectaculaire éclipse totale de lune.

M3

Messier 3, l’un des magnifiques amas globulaires du mois de mai. Crédit : Stellina/Dave Dickinson

Les grands événements astronomiques de mai 2022

Après une longue période de disette, le ciel nocturne regorge à nouveau d’action astronomique au mois de mai, qui est également la saison des éclipses, avec une spectaculaire éclipse totale de lune le 16 mai. Parallèlement, le ciel de l’aube sera perlé de planètes, auxquelles s’ajoutera la possibilité de plusieurs pluies de météores rares. Quant au ciel profond de mai, il sera la promesse de galaxies.

Le ciel de mai

Les soirs de mai dans l’hémisphère nord, notre regard se portera au loin, vers le point équinoxial de la constellation de la Vierge, où l’on retrouvera le soleil en septembre. Le plan galactique étant hors de notre champ de vision, il est presque impossible de passer à côté des galaxies, quel que soit l’endroit que vous observez dans l’astérisme de la « casserole » de la Vierge. Ces « univers insulaires » lointains s’étendront jusqu’aux constellations voisines de la Chevelure de Bérénice, du Lion et de la Grande Ourse.

Galaxy Groups

Les groupes de galaxie visibles le soir au mois de mai. Stellarium.

Dans l’hémisphère sud, le mois de mai sera marqué par l’apparition des célèbres Croix du Sud (Crux), Grand et Petit Nuage de Magellan et Alpha du Centaure. En une seule soirée, un nordiste de passage dans le sud pourra cocher presque tous les éléments « à voir une fois dans sa vie ». Le plan galactique traversera également le ciel du sud, apportant avec lui la constellation du Scorpion et la promesse du noyau galactique enveloppé de poussière brillante.

M35

L’amas ouvert Messier 35 dans les Gémeaux. Crédit : Stellina/Dave Dickinson.

Pour l’anecdote, Uranus et Neptune ont toutes deux été visitées une seule fois : par la mission Voyager 2, respectivement en 1986 et 1989. C’est pourquoi le site 2022 Planetary Decadal Survey demande à la NASA d’envoyer une mission dédiée aux « géantes glacées » vers Uranus au cours des dix prochaines années, pour une arrivée en 2042.

La lune en mai 2022

Fraîchement sortie de l’éclipse solaire partielle observée fin avril, la lune se dirige vers l’un des événements les plus spectaculaires de 2022 : une éclipse totale de lune visible en Amérique, mais aussi dans une bonne partie de l’Europe occidentale et de l’Afrique. Cette éclipse généreuse durera 85 minutes, pendant lesquelles la face terrestre de la lune arborera la teinte rougeâtre d’un millier de couchers de soleil vus à travers le prisme de l’atmosphère terrestre.

Eclipse

Éclipse totale de lune en mai : explications Crédit : NASA/GSFC/F. Espenak.

Les planètes à observer en mai 2022

Il faudra se lever tôt en mai pour observer les planètes à l’œil nu… mais la vue en vaudra la chandelle.

Le matin du 24 mai, la lune décroissante s’associera à Vénus, qu’elle cachera également (en passant devant elle) à la même date. Et s’il est vrai que cet événement aura lieu dans une bande lointaine du sud de l’océan Indien, vous pourrez toujours vous essayer à un exploit visuel : observer Vénus de jour, en vous aidant de la lune croissante toute proche.

Venus occultation

Zone dans laquelle Vénus sera cachée par la lune le 27 mai. Crédit : Occult 4.2.

À partir du 29 mai, les planètes Vénus, Mars, Jupiter et Saturne seront visibles à l’œil nu à l’aube… Mercure rejoindra le groupe début juin.

May 27th

Planètes observables le 27 mai à l’aube, en regardant vers l’est. Crédit : Stellarium.

Météores du mois de mai

Le mois de mai pourrait accueillir pas moins de trois (!) pluies d’étoiles filantes :

– tout d’abord le 15 mai, surveillez une éventuelle pluie de météores dans la constellation d’Hercule, grâce à la planète mineure 2006 GY2 ;

– puis le 25 mai, guettez une possible augmentation du nombre de météores provenant de la comète périodique 2009P/LINEAR. En effet, en 2022, nous passons à proximité des traînées laissées par la comète en 1903 et 1909. Nous pourrions donc voir une augmentation de l’activité des météores cette année, le radiant se trouvant dans la constellation de la Girafe. Des météores « caméloparalides », ça vous tente ?

– Enfin, le 31 mai, nous passerons près de la traînée de la comète périodique 73P/Schwassmann-Wachmann 3, ce qui pourrait provoquer encore une autre tempête de météores. Une rupture majeure a été observée au niveau de cette comète en 1995, d’où la promesse potentielle d’une nouvelle récolte importante de poussière produisant des météores. C’est à cette comète que l’on doit les Tau Herculides, rarement visibles, dont le radiant a pénétré la constellation voisine du Bouvier.

Radiant

Radiant des Tau Herculides. Crédit : Stellarium.

Les comètes

Plusieurs comètes seront visibles à une magnitude de +10 dans le ciel du mois de mai 2022. Parmi les objets difficiles à observer, 2021 O3 PanSTARRS se trouvera près de l’horizon au crépuscule. Parallèlement, C/2017 K2 PanSTARRS franchira la limite binoculaire de +10 de magnitude en mai, pour devenir observable avec des jumelles plus tard dans l’année. Enfin, C/2021 F1 Lemmon-PanSTARRS et C/2019 L3 ATLAS resteront également difficiles à voir.

L3 ATLAS

Comète L3 ATLAS. Stellina/Dave Dickinson.

Zoom sur le ciel profond (hémisphère nord)

Galaxies en folie : comme indiqué ci-dessus, le mois de mai sera la saison des galaxies. L’une de nos préférées est la galaxie du Tourbillon Messier 51 dans la constellation des Chiens de chasse. Je sais toujours où la trouver, à deux degrés de l’étoile Alkaïd (Eta Ursae Majoris) visible à l’œil nu à une magnitude de +2, dans le manche de l’astérisme de la Grande Ourse. La Chevelure de Bérénice abritera elle aussi une série de galaxies, au sommet desquelles se trouvera M64 à une magnitude de +8,5. Autre bel ensemble, le triplet du Lion est composé de M105, M95 et M96, tous situés dans un champ de vision d’un degré. Enfin, n’oubliez pas d’observer Messier 60 dans la « casserole » de la Vierge, à 55 millions d’années-lumière de nous. En effet, cette galaxie abrite actuellement une supernova (au nom déroutant) à une magnitude de +13 : SN2022hrs.

Supernova

La supernova SN2022hrs au niveau de Messier 60. Crédit : Stellina/Dave Dickinson

Zoom sur le ciel profond (hémisphère sud)

Eta Carina : également connue sous le nom de nébuleuse de l’Homoncule, cette étonnante nébuleuse complexe de la constellation de la Carène se trouvera dans le ciel austral les soirs de mai. Vers le milieu du XIXe siècle, cette région a accueilli une étoile qui, pendant une courte période, fut plus brillante que Sirius. Aujourd’hui, nous savons que l’Homoncule à deux lobes abrite deux étoiles énormes dans une étreinte mortelle, leur masse étant respectivement 250 et 80 fois celle de notre petit soleil. Vous pouvez facilement repérer la nébuleuse de la Carène (NGC 3372), plus volumineuse, avec des jumelles, puis observer le noyau ainsi que l’amas ouvert voisin Trumpler 16.

The Homunculus Nebula. Credit: NASA/Hubble/STScI

La nébuleuse de l’Homuncule. Crédit : NASA/Hubble/STScI

Objet défi (hémisphère nord) – Voir des objets du sud… depuis le nord. Peu de gens le savent, mais il est possible d’observer un grand nombre d’objets emblématiques du ciel austral… depuis le nord ! N’hésitez pas à essayer début mai, vers minuit. Vous aurez toutes vos chances avec Omega Centauri, basse au sud à minuit. Guettez également Beta Crucis (au sommet de la Croix du Sud), visible depuis les latitudes de la Floride en mai.

Objet défi (hémisphère sud) – NGC 6584 : une globulaire lointaine. L’obscure constellation du Télescope, dans le ciel austral, abrite peu d’objets de premier ordre. Un objet du ciel profond vaut cependant le détour : le lointain amas globulaire NGC 6584. Situé à 65 000 années-lumière de la Terre, NGC 6584 se trouve dans le halo galactique, habitant extérieur de la Voie lactée. Relativement difficile à observer, cette globulaire occupe une magnitude de +8, à 3 degrés au sud de l’étoile de magnitude +4 Gamma Telescopium.

Les grands événements astronomiques de mai 2022

01/05 : la lune cache Uranus

08/05 : comète O3 PanSTARRS à 0,6 UA de la Terre

15/05 : pluie de comètes 2006 GY2 Herculides ?

16/05 : pleine lune + éclipse totale de lune

18/05 : Mars passe à tout juste 30′ au sud de Neptune

25/05 : pluie de comètes 209P/LINEAR ?

27/05 : la lune masque Vénus

28/05 : la lune masque Uranus

29/05 : Mars passe à 36′ de Jupiter

30/05 : nouvelle lune

31/05 : pluie de comètes Tau Herculides ?

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Hubble photographie la comète massive C/2014 UN271

La comète lointaine C/2014 UN271 bat le record du noyau de comète le plus volumineux jamais observé.

Comet

Comète C/2014 UN271 – Images HST et modélisations informatiques. Crédit : NASA/ESA/Man-to Hui/Macau University/David Jewitt/UCLA/Alyssa Pagan/STScI

Il existe une comète monstrueuse qui, heureusement pour nous, reste en dehors du système solaire interne. Récemment, les astronomes ont pu orienter le vieux télescope spatial Hubble vers la comète lointaine C/2014 UN271 (Bernardinelli-Bernstein). Or ce qu’ils ont vu les a laissés bouche bée.

Observée pour la première fois en octobre 2014 par les astronomes Gary Bernstein et Pedro Bernardinelli dans des images d’archives de la Dark Energy Survey, C/2014 UN271 se trouvait à une énorme distance de 29 unités astronomiques (UA) ou 4,3 milliards de kilomètres au moment de sa découverte, près du bord de l’orbite de Neptune. Elle était donc déjà la comète la plus lointaine découverte à ce jour.

L’orbite de C/2014 UN271 est également intrigante : d’une durée de 2,75 millions d’années et orientée vers l’intérieure, elle place indubitablement cette comète dans le lointain nuage de Oort, en sachant que son aphélie se trouve à 39 300 UA, soit un peu moins d’un septième de la distance qui nous sépare de Proxima du Centaure. Comme de nombreuses comètes qui pénètrent dans le système solaire, C/2014 UN271 voit son orbite légèrement déviée lors de son trajet vers l’extérieur.

C/2014 UN271 atteindra le périhélie à 10,9 UA (1,6 milliards de kilomètres) du soleil dans un peu moins de dix ans, en janvier 2031, juste à côté de l’orbite de Saturne. C/2014 UN271 ne représente donc pas une menace pour la Terre ni toute autre planète du système solaire interne, et atteindra une magnitude de +13 uniquement lorsqu’elle se trouvera près du périhélie, où seuls les amateurs munis d’un grand télescope pourront l’observer.

La découverte d’une comète lointaine donne toujours matière à réflexion pour les astronomes, qui se trouvent potentiellement face à un objet volumineux par nature. Or Hubble a réalisé cinq clichés de la comète au début de l’année, le 8 janvier 2022, alors qu’elle se trouvait à 21,4 UA ou 3,2 milliards de kilomètres. Pour cela, Hubble a utilisé sa caméra à grand champ 3.

Il est difficile de mesurer la taille réelle d’un objet aussi lointain. Bien que déjà active, la comète C/2014 UN271 apparaît actuellement comme un objet flou de magnitude +19. Pour l’étudier, l’équipe a isolé le noyau en comparant le « pic » lumineux central à une modélisation informatique de la chevelure environnante. Ensuite, l’équipe a comparé la luminosité observée dans les clichés de Hubble à des images radio antérieures élaborées par l’Atacama Large Millimeter Array (ALMA).

Comets

Comparaison des comètes les plus massives connues. Crédit : NASA/ESA/Zena Levy/STScI

« Cet objet est étonnant, de par son activité alors qu’il est encore très loin du soleil, explique Man-To Hui, de l’Université des sciences et des technologies de Macao, dans un récent communiqué de presse. Nous avions deviné que la comète pourrait être assez volumineuse, mais il nous fallait de meilleures données pour le confirmer. »

Ces mesures indiquent qu’il s’agit d’un objet de grande taille et exceptionnellement « noir », comme la comète 67P Churyumov-Gerasimenko vue de près par la mission Rosetta de l’Agence spatiale européenne. C/2014 UN271 possède un noyau dont la taille est estimée à 137 kilomètres, soit 40 kilomètres de plus que l’ancien détenteur du record, C/2002 VQ94. À vrai dire, UN 271 est plus grande que certaines lunes, y compris celle de Saturne Épiméthée.

Epimetheus

Épiméthée, lune de Saturne : une presque « jumelle » de la comète UN 271 ? Crédit : NASA/Cassini/Space Science Institute.

Les objets tels que C/2014 UN 271 nous offrent un aperçu précieux du lointain nuage de Oort, y compris la taille et la répartition de ses différents éléments. C’est à l’astronome néerlandais Van Oort que l’on doit la première hypothèse, en 1950, selon laquelle le nuage de Oort était un vaste réservoir de comètes disposées en sphère autour du système solaire, à une distance de 2 000 à 200 000 UA du soleil.

Heureusement que C/2014 UN 271 ne se dirige pas vers la Terre. Pour mémoire, l’objet qui s’est écrasé à Chicxulub, dans la péninsule du Yucatan, il y a 66 millions d’années, mesurait « seulement » 10 kilomètres de diamètre. Si elle devait être frappée par un objet de la taille d’UN 271, la Terre passerait un sale quart d’heure et cet événement se solderait sans aucun doute par des extinctions.

Par chance, nous pouvons admirer la comète C/2014 UN 271 de loin uniquement. Espérons que le télescope spatial James Webb, qui sera bientôt mis en service, nous donnera également des images de la comète dans l’infrarouge l’été prochain.

Lisez l’étude : Détection par le télescope spatial Hubble du noyau de la comète C/2014 UN271 (Bernardinelli-Bernstein) dans The Astrophysical Journal Letters (en anglais).

Nébuleuse de la méduse
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A la rencontre de IC 443 : Nébuleuse de la Méduse

1h12

Aujourd’hui, nous avons entrepris un voyage à vingt mille lieues sous les mers à bord de la station Stellina. Nous n’imaginions pas rencontrer une immense méduse céleste sur notre chemin. Envoutés par les mouvements de son corps radiant et transparent, nous restons 5 heure s à l’observer nager majestueusement dans cette mer d’étoiles qu’on nomme les Gémeaux.

Quel animal marin allons-nous encore rencontrer ?

Nébuleuse de la méduse

Objet : IC 443 Nébuleuse de la Méduse
Date : 08/02/2021
Temps total d’exposition : 5h
Localisation : USA
Auteur : Brian P.

Retrouvez nos autres observations par ici.