Avec des nuits très longues, l’hiver reste la meilleure période de l’année pour profiter du ciel étoilé et de découvrir les richesses qui s’y cachent. La nuit tombe généralement vers 18h, ce qui en fait un timing confortable pour faire de l’astronomie en semaine et pendant le week-end, et ne nécessite pas d’attendre plusieurs heures comme c’est le cas en été.
Cependant, une fois les télescopes et matériels astronomiques sortis, que pouvons-nous observer ? Même si l’observation de la Voie Lactée n’est pas favorable en période hivernale, un grand nombre de cibles extraordinaires peuvent être admirées en utilisant du matériel relativement modeste : galaxies, nébuleuses, amas et même des comètes ! Voici notre sélection des objets qui méritent d’être observés cet hiver.

 

La Grande nébuleuse d’Orion – M42

M42 Nébuleuse d'Orion

La nébuleuse d’Orion, siège de la formation de jeunes étoiles. Photo prise avec le télescope Stellina.

Un grand classique de l’observation astronomique est bien évidemment la splendide nébuleuse rosée de la constellation d’Orion (M42). Sa forte brillance et sa grande étendue lui permettent d’être aisément repérables à l’œil nu et révèlent déjà des structures internes avec de simples jumelles. Orion est la nébuleuse la plus lumineuse de l’hémisphère Nord, située dans la constellation du même nom et dont la période de visibilité s’étend de fin-octobre à début-mars. Les riches couleurs de ce nuage de gaz et de poussières ne sont pas discernables à l’œil nu mais pourront être admirées en utilisant un télescope muni d’un capteur photo, comme Stellina.

 

La nébuleuse de la Tête de Cheval et de la Flamme

Nébuleuse de la Tête de cheval et Flamme

La nébuleuse de la Tête de cheval (en rouge et noir) et de la Flamme (en jaune) sont toutes deux situées dans la constellation d’Orion, non loin de la nébuleuse d’Orion.

Toujours dans la constellation d’Orion, la nébuleuse obscure IC 434 présente une forme particulière, ressemblant à la silhouette d’un cheval, d’où son nom. Cet objet est d’autant plus magique lorsqu’il est photographié : on y distingue alors des nuages teintés de rose en arrière plan, augmentant le contraste de la tête de cheval composée de gaz sombre. Cet objet du ciel original est situé non loin d’une autre nébuleuse plus lumineuse appelée nébuleuse de la Flamme. Il devient alors intéressant de cadrer ces deux pouponnières d’étoiles en une seule et même image.

L’amas ouvert des Pléiades – M45

Amas des Pleiades

L’amas des Pleiades (M45) composé d’un regroupement d’étoiles et de nuages interstellaires bleus en avant-plan. Photo : AstroGuigeek

Cette fois-ci, c’est la constellation du Taureau qui est à l’honneur, avec cet amas d’étoiles ouvert d’une couleur bleutée étincelante. Souvent confondu avec la constellation de la petite ourse, l’amas des pléiades est un large regroupement de jeunes étoiles. Aisément repérable à l’œil nu, il dénombre plus de 3 000 étoiles dont une douzaine est accessible aux jumelles. Les nuages de poussières qui laissent présager la présence d’une nébuleuse sont en réalité des nuages interstellaires situé en avant-plan. Une fois de plus, un télescope muni d’un capteur photo permet de témoigner de cette couleur fortement bleutée des pléiades.

 

La galaxie d’Andromède – M31

Galaxie d'Andromède

La galaxie d’Andromède, l’un des objets du ciel les plus célèbres ! A observer au début de l’hiver de chaque année.

D’une taille apparente pouvant contenir environ 6 fois une pleine lune, Andromède est une galaxie spirale très étendue et relativement brillante, faisant d’elle l’une des rares galaxies discernables à l’œil nu, en plus des galaxies Magellan de l’hémisphère Sud. Le début de l’hiver est la période la plus appropriée pour admirer cet objet du ciel profond. Son diamètre apparent est tel qu’un télescope de trop longue distance focale (au delà de 800 mm) ne permet pas de la cadrer en entier dans le champ de l’oculaire ou en images. Un télescope à partir de 400 mm de focale reste un bon compromis, surtout lorsqu’il est couplé à une caméra imageur. Bien que située à une distance affolante de 2.5 millions d’années lumière, la galaxie d’Andromède présente une population stellaire dense et recèle des structures complexes accessibles avec la plupart des télescopes actuels.

 

L’amas de la Crèche – M44

Amas de la Crèche

L’amas de la Crèche est également appelé Amas de la ruche. Photo par Bob Franke.

Ne voyez pas ici une référence à la fête de Noël, mais l’amas de la Crèche est un amas ouvert assez impressionnant à observer et à photographier, dans la constellation du Cancer. Très brillant, il est constitué de plus de 1000 étoiles s’étendant sur une distance angulaire pouvant contenir 3 pleines lunes. Aux jumelles ou au télescope, l’amas de la crèche révèle des étoiles étincelantes dont les teintes bleues et oranges peuvent être subtilement différenciées. Une image vous permettra de le vérifier.

 

La comète 46P/Wirtanen : La surprise de l’année ?

Depuis ces dernières années, l’hémisphère Nord n’a pas souvent été visitée par le passage de brillantes comètes. Vous vous rappelez certainement de la comète Hale-Bopp de 1997 qui illumina le ciel avec une magnitude maximale de -1 ? Cette année, nous ne serons pas aussi gâté, mais la comète Wirtanen atteindrait d’après les dernières estimations une magnitude entre 3 et 4 autour du 16 décembre 2018, lorsqu’elle passera à environ 12 millions de kilomètres de la Terre. Autrement dit, elle serait vraisemblablement accessible à l’œil nu et avec une paire de jumelles. Découverte en 1948, cette comète est qualifiée de périodique, signifiant qu’elle repasse en un même point de son orbite tous les 5.4 ans environ. Wirtanen était initialement la comète sur laquelle la mission Rosetta devait se diriger et y larguer son atterrisseur Philae. Pour davantage de récits sur les comètes, nous vous invitons à lire notre précédent article sur les comètes les plus impressionnantes de l’histoire.
Wirtanen est donc un objet à surveiller de près courant décembre 2018 !