Les grands événements astronomiques de janvier 2022

Astronomie en janvier 2022 : la « comète de Noël 2021 » atteint son périhélie, tandis que les planètes s’alignent au crépuscule.

Stellina

Stellina au crépuscule. Crédit : Dave Dickinson

Certes, dans l’hémisphère nord, janvier est le premier mois entièrement situé en hiver, mais il existe toujours plusieurs raisons de braver le froid. Ironie de la vie, les nuits les plus froides sont souvent les plus claires et les plus stables, car l’air glacial de l’hiver renvoie la chaleur dans l’espace.

Le ciel de janvier

Les soirées de janvier nous permettent d’apercevoir nos proches voisins galactiques, dans le bras d’Orion au sein de la Voie lactée. Retour en janvier 2020 : tous les regards étaient tournés vers la géante Bételgeuse, qui connaissait une baisse d’intensité historique dans l’épaule d’Orion. Si finalement en 2020, la géante rouge ne s’est pas transformée en supernova, janvier serait le mois idéal pour que cette étoile géante éclate enfin, que ce soit ce soir ou dans plusieurs milliers d’années.

Aussi bien dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud, le 31 décembre, un objet stellaire est toujours bien présent pour marquer le passage à la nouvelle année : Sirius (Alpha Canis Major), la plus brillante des étoiles dans notre ciel, culmine à minuit. À vrai dire, Sirius se situe à seulement 8,7 années-lumière de la Terre ; avec sa déclinaison de -16 degrés 45’, elle est visible depuis le monde entier.

Pour l’anecdote, contrairement à ce que pourrait laisser penser l’hiver dans l’hémisphère nord, en janvier, lors des premiers jours de l’année, la Terre se trouve à son périhélie, c’est-à-dire à son point le plus proche du soleil. En effet, les saisons sont surtout marquées par l’inclinaison de notre planète.

La lune en janvier 2022

Notre satellite débute une phase de nouvelle lune le 2 janvier, 19 heures seulement après le périgée du jour de l’An. Le 17 janvier, la pleine lune est également connue sous le nom de Pleine lune du loup. En 2022, la lune a une trajectoire « écliptique », qui devrait s’accentuer vers 2025. En effet, la lune est inclinée de 5 degrés par rapport à l’écliptique (la trajectoire de la Terre autour du soleil), et non par rapport à l’axe de la Terre. Par conséquent, la trajectoire de la lune semble passer de peu profonde à abrupte, avant de revenir en arrière par rapport à l’écliptique selon un cycle de 18,6 ans, connu sous le nom de précession du périastre.

  En regardant vers l’ouest lors du premier crépuscule de 2022. Crédit : Stellarium

Les planètes à observer en janvier 2022 : les planètes visibles à l’œil nu apparaissent presque toutes dans le ciel du soir au début de l’année 2022 ; seule Mars brille haut dans le ciel au sud à l’aube. Il faudra toutefois se dépêcher pour observer Vénus le soir, elle qui se rapproche de la conjonction inférieure entre la Terre et le soleil peu de temps après la première semaine de janvier, pour émerger à l’aube et y passer le reste de l’année 2022, dominant le ciel du matin.

Les météores de janvier : 2022 pourrait bien être l’année où vous apercevrez les insaisissables Quadrantides. Devant leur nom à la regrettée constellation du Quadrant mural, les « Quads » ont un pic très étroit, ce qui les rend très difficiles à observer. La bonne nouvelle, c’est que la nouvelle lune arrive juste un jour avant le pic attendu des Quadrantides, le 3 janvier à 20 h 40, temps universel (TU). Les Quadrantides 2022 devraient atteindre un taux horaire zénithal (ZHR) de 60 à 200 météores par heure.

La comète A1 Leonard au périhélie. Crédit : NASA/JPL

Les comètes : A1 Leonard atteint son périhélie le 3 janvier à 0,62 UA (92,8 millions de kilomètres) du soleil, exactement un an après sa découverte. Actuellement située à une magnitude de +4,5 dans la constellation du Poisson austral, la comète A1 Leonard est désormais bien placée pour les observateurs de l’hémisphère sud. Sur une orbite d’environ 80 000 ans, en approche, A1 Leonard est destinée à quitter définitivement le système solaire après le périhélie, puisque la mécanique céleste enverra la comète dans la Voie lactée, où elle deviendra l’objet interstellaire de quelqu’un d’autre dans plusieurs millions d’années. La comète A1 Leonard se dirige désormais vers l’étoile de magnitude +3,5 Mu Serpentis, distante de 156 années-lumière.

La trajectoire céleste de la comète A1 Leonard au cours de la prochaine décennie, jusqu’en 2032. Crédit : Dave Dickinson/Starry Night.

Objet star dans le ciel profond (hémisphère nord) : l’un de nos amas ouverts préférés trône haut dans le ciel les soirs de janvier. Messier 35 (M35) est facile à observer avec des jumelles, au pied de la constellation zodiacale des Gémeaux. En zoomant, des milliers d’étoiles envahissent le champ et offrent une vue magnifique. Également très proche de l’écliptique, cet amas se trouvera dans la même position céleste que le soleil lors du solstice annuel de juin dans l’hémisphère nord. M35 est distant de 2 800 années-lumière.

Messier 35 dans le ciel urbain. Crédit : Dave Dickinson, image Stellina d’environ 90 secondes.

Objet star du ciel profond (hémisphère sud) : la galaxie NGC 1269. La constellation australe de l’Éridan abrite un bel exemple de galaxie à anneau (objet d’une légère confusion historique). Située à 33 millions d’années-lumière de notre planète, NGC 1269 est positionnée presque face à nous.

Image Hubble/GALEX de la galaxie à anneau NGC 1291. Crédit : NASA/Hubble STScI/GALEX.

D’une magnitude de +8,5 et d’un diamètre généreux de 5’ par 4’, NGC 1269 se trouve à tout juste deux degrés au nord de l’étoile 82 (e) Eridani, de magnitude +4,3. Elle est donc facile à repérer avec un télescope de puissance moyenne à élevée. Cette galaxie est aussi parfois appelée « NGC 1291 » suite à une erreur au début du XIXe siècle : tandis qu’il étudiait le ciel austral en 1836, l’astronome John Herschel avait alors découvert cet objet du ciel profond, qu’il avait consciencieusement répertorié sous le nom NGC 1269. Or, il l’ignorait, mais le cartographe céleste John Dunlop avait déjà consigné la galaxie sous le nom NGC 1291 une dizaine d’années auparavant.

  Comment repérer Omicron Eridani. Crédit : Stellarium.

Objet du défi (hémisphère nord) – Le système triple 40 Eridani B : avez-vous déjà observé une naine rouge ? Et une naine blanche ? En la matière, le système d’étoiles triple Omicron Eridani (40 Eridani), situé à l’extrémité nord de la constellation sinueuse de l’Éridan, offre une occasion unique de faire d’une pierre deux coups. L’étoile primaire en +4,4 constitue un bon point de repère… Ensuite, augmentez l’agrandissement et cherchez deux étoiles de magnitude +10, espacées de 8″, à un peu plus d’une arcminute de l’étoile primaire. Ces deux étoiles sont les naines rouge et blanche. 40 Eridani se trouve à 16 années-lumière de notre planète.

Comment trouver T Pyxidis. Crédit : Stellarium.

Objet du défi (hémisphère sud) – Il est toujours intéressant de scruter la zone vide dans le ciel austral, à l’est d’Alpha Pyxidis, de magnitude +3,7, dans l’espoir d’y observer une étoile insaisissable : T Pyxidis, qui fait partie d’un type d’étoile variable rare, les novas récurrentes. Habituellement, T Pyx est indétectable, en dessous d’une magnitude de +14. Cependant, au hasard des décennies, T Pyx flirte avec la visibilité à l’œil nu. C’est ainsi qu’elle a pu être observée en 1902, 1920, 1944, 1966 et enfin à nouveau en 2011. Vous voyez une étoile de la séquence principale qui déverse de la matière sur une naine blanche, laquelle s’enflamme occasionnellement de manière éclatante. Quand T Pyxidis sera-t-elle à nouveau visible ?

Les grands événements astronomiques de janvier 2022

02/01 : Nouvelle lune

03/01 : Comète 2021 A1 Leonard au périhélie

03/01 : Pic des météores Quadrantides

04/01 : La Terre atteint son périhélie

07/01 : Mercure atteint sa plus grande élongation vers l’est (19,2 degrés du soleil)

09/01 : Vénus atteint la conjonction inférieure (5 degrés du soleil)

09/01 : 1er quartier de lune

11/01 : Comète 104P/Kowal au périhélie

17/01 : Pleine lune

25/01 : Dernier quartier de lun